Archives de catégorie : Actu

Microlearning : ce que la fragmentation de l’apprentissage fait aux pratiques de formation

Temps de lecture : 3 minutes

Le microlearning occupe aujourd’hui une place centrale dans de nombreux dispositifs de formation. Formats courts, contenus accessibles à la demande, diffusion majoritairement numérique : l’apprentissage est de plus en plus pensé sous la forme de séquences fragmentées, supposées s’adapter aux contraintes de temps et d’attention des publics.

Continuer la lecture de Microlearning : ce que la fragmentation de l’apprentissage fait aux pratiques de formation

Clinique de l’activité : comprendre le travail réel pour agir autrement

Temps de lecture : 2 minutes

La clinique de l’activité, développée par Yves Clot et l’école de psychologie du travail du CNAM, propose une idée forte : pour améliorer le travail, il faut partir de l’expérience vécue par les professionnels, de leurs gestes, de leurs dilemmes et de leurs conflits de critères.
Dans mes formations cette approche complète les analyses sociologiques en donnant une profondeur psychologique au travail réel.


Pourquoi la clinique de l’activité est essentielle aujourd’hui

La clinique de l’activité prend au sérieux ce que vivent les travailleurs : leurs réussites invisibles, leurs empêchements, les compromis qu’ils construisent pour que le travail tienne malgré les contraintes.

Mettre au jour les gestes professionnels

L’analyse part des gestes, des choix, des hésitations, des arbitrages que les professionnels réalisent à chaque instant.
→ Le travail n’est jamais une simple application de procédure : il est toujours un travail d’arbitrage.

Comprendre les conflits de critères

Les professionnels doivent concilier des critères souvent contradictoires : rapidité vs qualité, sécurité vs autonomie, règles vs efficacité.
→ La clinique de l’activité montre comment ces tensions structurent le travail réel.

Donner une place centrale au pouvoir d’agir

Clot insiste : améliorer la santé au travail, c’est redonner du pouvoir d’agir.
→ Le travail devient un espace où l’on débat, où l’on confronte les critères, où l’on cherche des marges de manœuvre.

Transformer en s’appuyant sur les collectifs

La clinique de l’activité valorise les échanges professionnels, les controverses productives, les retours d’expérience.
→ C’est en discutant du travail réel que les collectifs peuvent construire des solutions durables.

Un outil précieux pour analyser, prévenir et transformer le travail

Dans mes formations, la clinique de l’activité est mobilisée pour :

  • comprendre les sources d’empêchement au travail,
  • analyser les conflits de critères invisibles,
  • repérer les marges de manœuvre existantes,
  • accompagner une transformation du travail ancrée dans le réel,
  • renforcer la coopération en donnant une voix aux professionnels.


Elle offre un regard complémentaire à la sociologie du travail : plus centré sur le geste, le vécu et le pouvoir d’agir, et indispensable pour toute démarche d’amélioration durable.

Sociologie interactionniste : comprendre le travail réel pour transformer les organisations

Temps de lecture : < 1 minute

La sociologie interactionniste occupe une place essentielle dans l’analyse des organisations de travail. Héritée de l’École de Chicago (Mead, Hughes, Goffman), elle offre une approche concrète : observer les interactions quotidiennes pour comprendre comment fonctionne réellement une organisation.
C’est cette manière de regarder le travail « au ras du terrain » qui guide mes formations et mes diagnostics.

Pourquoi la sociologie interactionniste est indispensable pour comprendre le travail

Dans toutes les organisations, il existe un écart entre le travail prescrit et le travail réel. La sociologie interactionniste permet d’analyser cet écart en montrant comment les professionnels ajustent, négocient et interprètent les situations pour que le travail « tienne ».
C’est une clé essentielle pour comprendre les tensions, les blocages… mais aussi les réussites invisibles.

Observer le travail réel

Les interactions  (réunions, accueils du public, négociations informelles, routines, malentendus…) révèlent ce que les procédures ne disent pas. C’est là que se joue la dynamique d’une organisation.

Analyser les logiques d’acteurs

Chaque acteur construit du sens, développe des stratégies, gère des coopérations ou des conflits. Comprendre ces logiques permet d’expliquer le fonctionnement quotidien bien mieux qu’un organigramme.

Identifier les règles implicites

Toute organisation repose sur des normes invisibles : habitudes, routines, façons de faire légitimes. Les repérer est indispensable pour accompagner le changement.

Un regard précieux pour diagnostiquer et transformer les organisations

En révélant ce qui se passe réellement dans les situations de travail, la sociologie interactionniste constitue un outil stratégique pour les managers, élus, cadres territoriaux, RH et formateurs. Elle rappelle que la transformation des organisations dépend des interactions, pas uniquement des procédures ou des réformes.

Dans mes formations, j’utilise cette approche pour aider les organisations à :

  • comprendre leurs dynamiques internes,
  • repérer les sources de tensions
  • valoriser les pratiques efficaces
  • construire un changement qui s’appuie sur le réel.

L’approche anthropologique à la conquête des organisations de travail

Temps de lecture : < 1 minute

L’approche anthropologique vise à comprendre les pratiques humaines en les replaçant dans leur contexte culturel, symbolique et social, comme l’ont montré Marcel Mauss avec le don ou Clifford Geertz avec l’analyse des systèmes de sens. Elle repose sur l’observation de terrain, l’écoute des acteurs et l’interprétation des significations qu’ils attribuent à leurs actions.

Appliquée au travail et aux organisations, cette approche permet de dépasser les cadres formels pour accéder à ce que Michel de Certeau appelait les pratiques ordinaires, et à ce que Erving Goffman analysait comme les interactions de la vie quotidienne. Elle met en lumière les ajustements tacites, les croyances partagées, les logiques d’action situées et les rapports de pouvoir qui traversent le quotidien professionnel.

En un mot : là où d’autres voient des structures, l’anthropologie révèle des cultures, des rites et des récits.

Diffuser les sciences humaines et sociales : un enjeu politique autant qu’épistémologique

Temps de lecture : 2 minutes

Partager les savoirs issus des sciences humaines et sociales ne relève pas d’un simple exercice de vulgarisation. C’est un acte politique, qui engage une certaine vision du monde et une conception de la place du savoir dans la société. En anthropologie comme en sociologie, les connaissances produites ne sont jamais neutres : elles dérangent, questionnent, déplacent les évidences. C’est pourquoi leur diffusion publique suscite à la fois des espoirs — celui d’une société plus éclairée — et des résistances, dès lors qu’elles viennent bousculer des intérêts établis ou des croyances bien ancrées.

La question de qui parle et à qui reste centrale. Un savoir critique, s’il reste confiné dans les cénacles académiques, perd sa portée transformative. Mais une diffusion sans précaution — déconnectée des contextes de production, des incertitudes méthodologiques et des tensions théoriques — risque de trahir la complexité même de ces savoirs. L’enjeu est donc de trouver un équilibre entre rigueur et accessibilité, entre fidélité à la recherche et capacité à susciter une écoute dans des espaces non académiques.

Ce travail suppose un effort de traduction — au sens fort — : non pas simplifier, mais rendre intelligible. Cela demande aussi de reconnaître que la réception du savoir dépend de la position sociale, du vécu, et des attentes de celles et ceux à qui on s’adresse. En cela, diffuser les sciences humaines et sociales, c’est aussi faire retour sur nos propres catégories d’analyse, nos cadres de pensée, nos angles morts.

Il ne s’agit donc pas simplement de transmettre un contenu, mais de participer à une dynamique de transformation mutuelle. Comme le rappelle Clifford Geertz, “l’anthropologie consiste à rendre le familier étrange et l’étrange familier” — et cette opération, pour être fructueuse, suppose un dialogue constant entre chercheurs, praticiens, citoyens.

La diffusion du savoir n’est pas une fin en soi. Elle est un processus relationnel, critique et profondément politique.