Le microlearning occupe aujourd’hui une place centrale dans de nombreux dispositifs de formation. Formats courts, contenus accessibles à la demande, diffusion majoritairement numérique : l’apprentissage est de plus en plus pensé sous la forme de séquences fragmentées, supposées s’adapter aux contraintes de temps et d’attention des publics.
La clinique de l’activité, développée par Yves Clot et l’école de psychologie du travail du CNAM, propose une idée forte : pour améliorer le travail, il faut partir de l’expérience vécue par les professionnels, de leurs gestes, de leurs dilemmes et de leurs conflits de critères. Dans mes formations cette approche complète les analyses sociologiques en donnant une profondeur psychologique au travail réel.
Pourquoi la clinique de l’activité est essentielle aujourd’hui
La clinique de l’activité prend au sérieux ce que vivent les travailleurs : leurs réussites invisibles, leurs empêchements, les compromis qu’ils construisent pour que le travail tienne malgré les contraintes.
Mettre au jour les gestes professionnels
L’analyse part des gestes, des choix, des hésitations, des arbitrages que les professionnels réalisent à chaque instant. → Le travail n’est jamais une simple application de procédure : il est toujours un travail d’arbitrage.
Comprendre les conflits de critères
Les professionnels doivent concilier des critères souvent contradictoires : rapidité vs qualité, sécurité vs autonomie, règles vs efficacité. → La clinique de l’activité montre comment ces tensions structurent le travail réel.
Donner une place centrale au pouvoir d’agir
Clot insiste : améliorer la santé au travail, c’est redonner du pouvoir d’agir. → Le travail devient un espace où l’on débat, où l’on confronte les critères, où l’on cherche des marges de manœuvre.
Transformer en s’appuyant sur les collectifs
La clinique de l’activité valorise les échanges professionnels, les controverses productives, les retours d’expérience. → C’est en discutant du travail réel que les collectifs peuvent construire des solutions durables.
Un outil précieux pour analyser, prévenir et transformer le travail
Dans mes formations, la clinique de l’activité est mobilisée pour :
comprendre les sources d’empêchement au travail,
analyser les conflits de critères invisibles,
repérer les marges de manœuvre existantes,
accompagner une transformation du travail ancrée dans le réel,
renforcer la coopération en donnant une voix aux professionnels.
Elle offre un regard complémentaire à la sociologie du travail : plus centré sur le geste, le vécu et le pouvoir d’agir, et indispensable pour toute démarche d’amélioration durable.
Formation animée par Denis La Mache Docteur en sociologie (EHESS), enseignant au CNAM et au CNFPT, maire de Saint-Sigismond (85)
Changer une organisation, c’est d’abord comprendre ce qui la fait tenir.
1. Objectifs de la formation
Identifier les résistances et les logiques d’acteurs au sein des organisations publiques.
Comprendre les effets des dispositifs managériaux sur l’action collective.
Mobiliser la culture organisationnelle comme levier de transformation.
Construire un diagnostic sociologique rapide de sa collectivité.
Ajuster son mode d’action à la culture réelle du travail collectif.
Résultats attendus : Les participants repartent avec une lecture sociologique du changement et une boîte à outils immédiatement mobilisable pour piloter la transformation de leur collectivité.
2. Public visé et prérequis
Public concerné :
Directeurs généraux et adjoints (DGS, DGAS).
Responsables de service, chefs de projet, cadres de direction.
Élus souhaitant piloter ou accompagner un changement organisationnel.
Prérequis : Aucun prérequis académique. Une expérience professionnelle dans une collectivité ou un service public facilite la mise en pratique des outils proposés.
3. Durée
2 jours (ou 4 demi-journées à distance) Format intensif, alternant apports théoriques, études de cas et ateliers pratiques.
4. Modalités pédagogiques
Alternance d’exposés, d’échanges d’expériences et d’ateliers collectifs.
Études de cas réels issus de collectivités territoriales.
Exercices de diagnostic sociologique à partir des situations professionnelles des participants.
Restitution collective pour élaborer une feuille de route de transformation.
5. Moyens techniques et supports utilisés
Salle équipée d’un vidéoprojecteur ou visioconférence (Zoom ou BigBlueButton).
Tarifs nets de taxe. Devis personnalisé sur demande.
8. Accessibilité
La formation est accessible aux personnes en situation de handicap. Une étude personnalisée des besoins est menée en amont afin d’adapter les modalités pédagogiques, les supports et le rythme d’apprentissage.
9. Évaluation des acquis
Auto-positionnement initial sur les attentes et besoins.
Exercices d’application et études de cas en cours de formation.
Questionnaire d’évaluation des acquis à chaud et à froid.
Attestation de formation remise à l’issue du parcours.
10. Contact
Formateur référent : Denis La Mache — Sociologue et maire, docteur de l’EHESS. Spécialiste de la sociologie des organisations et du changement territorial.
L’approche anthropologique vise à comprendre les pratiques humaines en les replaçant dans leur contexte culturel, symbolique et social, comme l’ont montré Marcel Mauss avec le don ou Clifford Geertz avec l’analyse des systèmes de sens. Elle repose sur l’observation de terrain, l’écoute des acteurs et l’interprétation des significations qu’ils attribuent à leurs actions.
Appliquée au travail et aux organisations, cette approche permet de dépasser les cadres formels pour accéder à ce que Michel de Certeau appelait les pratiques ordinaires, et à ce que Erving Goffman analysait comme les interactions de la vie quotidienne. Elle met en lumière les ajustements tacites, les croyances partagées, les logiques d’action situées et les rapports de pouvoir qui traversent le quotidien professionnel.
En un mot : là où d’autres voient des structures, l’anthropologie révèle des cultures, des rites et des récits.
– Distinguer travail prescrit et travail réel à partir d’approches sociologiques et anthropologiques – Identifier les ajustements, régulations et marges de manœuvre dans l’activité – Outiller sa posture de manager, de formateur ou d’accompagnateur en tenant compte du vécu professionnel
2. Public visé et prérequis
Cadres, managers de proximité, formateurs, conseillers en évolution professionnelle, intervenants en prévention. Pas de prérequis formel, mais une expérience dans l’accompagnement ou la gestion d’équipe est souhaitable.
3. Durée
2 jours (14 heures), adaptable en présentiel, distanciel ou format hybride.
4. Modalités pédagogiques
Alternance d’apports conceptuels et d’ateliers d’analyse de situations de travail. Utilisation de grilles d’observation, témoignages filmés, discussions collectives et auto-évaluations.
– Appréhender les organisations comme des univers culturels – Identifier les rituels, récits, symboles et non-dits structurant la vie collective – Enrichir son analyse des situations managériales ou collectives grâce à l’ethnographie
2. Public visé et prérequis
Cadres, managers, responsables de conduite du changement, consultants, agents de développement territorial. Pas de prérequis en anthropologie. La formation est conçue pour des professionnels de terrain.
3. Durée
2 jours (14 heures), avec un module d’approfondissement possible à distance.
4. Modalités pédagogiques
Immersion dans des études de cas réels, initiation à l’observation participante, analyse collective de situations vécues. Supports vidéo et fiches d’analyse fournis via la plateforme pédagogique Moodle.
5. Moyens techniques et supports utilisés
Pour la version distancielle : Moodle, extraits d’enquêtes ethnographiques, outils d’analyse symbolique, podcasts, documents visuels commentés, outils d’interaction.
Pour la version présentielle : alternance d’apports conceptuels et d’ateliers d’analyse de situations de travail, discussions collectives, auto-évaluation.
6. Délai d’accès
15 jours ouvrés maximum après contractualisation.
7. Tarifs
1 900 € pour 2 jours en formation intra-entreprise (groupe de 6 à 10 personnes)
500 € par participant en présentiel ou en distanciels inter- entreprise
400€ par participant en parcours individuel e-learning
8. Accessibilité
Formation accessible aux personnes en situation de handicap. Référent handicap : Denis La Mache – [adresse e-mail] – [téléphone].
9. Évaluation des acquis
Mini-enquête ethnographique à réaliser, présentation orale, grille de lecture appliquée. Attestation délivrée à l’issue de la session.
– Identifier les biais sociaux qui influencent les pratiques de recrutement – Mieux comprendre les dynamiques relationnelles au moment de l’intégration – Appliquer des grilles d’analyse sociologiques pour renforcer l’équité et l’efficacité RH
2. Public visé et prérequis
Responsables RH, recruteurs, managers impliqués dans le recrutement et l’intégration de collaborateurs. Aucun prérequis formel, mais une pratique professionnelle en ressources humaines est recommandée.
3. Durée
1,5 jour (10,5 heures), adaptable en distanciel ou hybride.
4. Modalités pédagogiques
Apports théoriques accessibles, étude de cas issus de situations réelles, analyse collective des pratiques, outils de diagnostic. Supports disponibles en ligne, quiz et ressources complémentaires à disposition sur Moodle.
5. Moyens techniques et supports utilisés
Plateforme Moodle, grilles d’analyse sociologique, capsules audio, mises en situation filmées, bibliographie de travail.
6. Délai d’accès
Formation accessible dans un délai de 15 jours ouvrés après confirmation.
7. Tarifs
1 400 € net pour 1,5 jour en intra (groupe de 6 à 10 personnes).
500 € net par participant en présentiel inter- entreprise
8. Accessibilité
Adaptations possibles pour les personnes en situation de handicap. Référent handicap : Denis La Mache – [adresse e-mail] – [téléphone].
9. Évaluation des acquis
Quiz de compréhension, analyse de mise en situation, validation en fin de session. Attestation remise à chaque participant.
– Comprendre les dimensions sociales du changement organisationnel – Identifier les résistances et les leviers dans les dynamiques collectives – Élaborer une stratégie de transformation adaptée aux contextes humains
2. Public visé et prérequis
Managers, chefs de projet, cadres de la fonction publique ou du secteur privé, consultants en organisation. Pas de prérequis académique. Une première expérience de conduite de projet ou de management est recommandée.
3. Durée
2 jours (14 heures) – format hybride possible avec temps de travail asynchrone.
4. Modalités pédagogiques
Séquences en présentiel ou visio, supports théoriques vulgarisés, analyse de cas réels, mises en situation. Plateforme en ligne avec ressources interactives et auto-diagnostics.
5. Moyens techniques et supports utilisés
Moodle, diaporamas, vidéos, outils d’analyse collaboratifs, bibliographie et infographies thématiques.
6. Délai d’accès
15 jours ouvrés maximum après signature de la convention.
7. Tarifs
1 900 € net pour 2 jours (jusqu’à 12 participants en intra-entreprise).
500 € net par participant en inter -entreprises
400 € net par participant en parcours e-learning
8. Accessibilité
Des aménagements sont possibles en fonction des besoins spécifiques. Référent handicap : Denis La Mache
9. Évaluation des acquis
Étude de cas finale, analyse réflexive, échanges collectifs. Remise d’une attestation de fin de formation avec validation des acquis.
À l’issue de chaque formation, une attestation individuelle de fin de formation vous est délivrée, conformément aux exigences réglementaires.
En présentiel : remise en main propre à la fin de la dernière demi-journée, sous réserve de votre présence effective.
En distanciel ou hybride : envoi par courrier électronique dans un délai de 5 jours ouvrés après la clôture de la session.
Cette attestation précise :
Le titre de la formation,
Sa durée,
Les dates,
Les objectifs pédagogiques visés,
Le nom du bénéficiaire.
Une copie est conservée à des fins d’archivage pendant une durée légale minimale de 5 ans. Si vous ne la recevez pas, vous pouvez en faire la demande à l’adresse suivante : contact@anthropologiques.fr
Qui contacter en cas de problème ?
Avant, pendant ou après la formation, vous pouvez me contacter directement pour toute question pédagogique, technique ou administrative :
Formulaire de contact dans votre espace stagiaire (Moodle)
Téléphone (sur demande ou mentionné dans votre convocation)
En tant que prestataire unique, je suis votre interlocuteur principal. En cas de besoin spécifique, je m’engage à vous orienter vers un partenaire ou un dispositif adapté.
Que faire si je suis en situation de handicap ?
Je suis engagé dans une démarche inclusive. Toute personne en situation de handicap (visible ou non, permanent ou temporaire) peut bénéficier d’adaptations pédagogiques, matérielles ou organisationnelles.
Pour cela, il vous suffit de me signaler vos besoins :
soit au moment de votre inscription,
soit à tout moment avant ou pendant la formation.
Exemples d’adaptations possibles :
Supports de cours en formats accessibles (PDF balisés, police adaptée),
Délai supplémentaire pour les travaux écrits ou les temps de restitution,
Organisation d’une salle spécifique ou aménagement d’horaires,
Sessions en visio avec outils compatibles (Zoom avec sous-titres, accessibilité clavier…).
Je suis référent handicap de la structure, formé à l’accueil et à l’accompagnement des apprenants concernés. Chaque situation fait l’objet d’un traitement confidentiel et individualisé.
L’anthropologie, loin d’être réservée aux terrains exotiques, offre des grilles de lecture précieuses pour comprendre les logiques à l’œuvre dans les mondes professionnels contemporains. Elle ne se contente pas de décrire des organisations ou des métiers ; elle explore les représentations, les valeurs, les rituels et les tensions identitaires qui traversent les acteurs au travail. C’est en cela qu’elle devient un outil puissant pour analyser les pratiques professionnelles dans toute leur complexité.
Vincent de Gaulejac, sociologue clinicien, l’a bien montré : le travail n’est pas seulement un lieu de production, c’est aussi un lieu de construction identitaire. Dans La névrose de classe, il éclaire les conflits intimes vécus par les individus pris entre des héritages sociaux et les injonctions managériales. L’anthropologie, en prolongeant cette démarche, permet de replacer les trajectoires professionnelles dans une histoire longue, faite de classements, d’assignations et de résistances symboliques.
Les travaux de Florence Weber, quant à eux, insistent sur l’importance de partir des gestes concrets, des routines et des ajustements silencieux du quotidien. Dans Le travail à-côté, elle montre comment les pratiques « périphériques » — petits boulots, entraide, pluriactivité — révèlent les arrangements moraux et économiques que les catégories administratives tendent à invisibiliser.
Adopter un regard anthropologique sur les pratiques professionnelles, c’est donc renoncer aux explications toutes faites. C’est interroger les normes implicites, décrypter les récits légitimes, mais aussi entendre les dissonances, les bricolages et les marges de manœuvre. C’est comprendre pourquoi un agent public « résiste » à une réforme, pourquoi un soignant contourne un protocole, ou pourquoi un cadre se sent en porte-à-faux malgré une apparente réussite.
L’anthropologie ne cherche pas à dire ce qu’il faudrait faire, mais à éclairer ce qui se fait déjà, dans l’ombre des discours officiels. Et cette mise en lumière, loin d’être un luxe théorique, peut devenir un levier d’intelligibilité (et parfois de transformation ) des mondes professionnels.